Dernière nuit

Publié le par miniklochette


Dernière nuit.



Les lucioles dansaient dans le lointain. Le vent effleurait les cimes des arbres. Le chant du hibou résonnait dans la clairière.

J'arrivais dans ce lieu enchanté après une longue marche. Le calme de la forêt apaisait mes pensées. Je fis quelques pas dans cette clairière, laissant apparaître mon passage dans les fougères.

Je m'assis non-loin d'un rocher les jambes étendues dans l'herbe.

La lune venait chatouiller la forêt. Les étoiles étincelaient de vie. Le miroir de l'espace venait en moi. L'univers tout entier me demandait d'être là ce soir.


J'accédais à la demande. Timidement d'abord, entièrement ensuite.


La lune se fit plus grosse, le vent plus fort, le sol plus lointain.

L'oubli de mon être, l'oubli du lieu où j'étais, tout n'était que liberté.

Léger comme un oiseau je volais.

Alors j'ouvris les yeux, une étendue majestueuse s'étendait sous moi. Les milles reflests des eaux me brisèrent le coeur. Des couleurs chatoyantes aux reletes les plus sombres, toute l'harmonie de cette nature n'était là que pour moi.


Le vert des arbres se fit plus clair, l'air plus doux, l'aurore commençait à poindre. Le rose du soleil venait mourir le long de la mer.

L'orange maintenant si beau et si doux, se mariait à merveille avec le jaune naissant.

Le violet du ciel encore voilé de nuit, se laissait prendre par cette naissance.


Encore un instant et tout serait en place.

Le gazouillis des oiseaux rendait ce spectacle enivrant. L'odeur de la rosée dans les fougères était présente, mais ne gâchant en rien l'odeur âpre des algues et de la marée.


Tous mes sens était sollicités, jamais je n'avais vécu si beau matin.

Le cercle solaire était désormais au-dessus de la mer. Et je pouvais apercevoir au loin cette clairière, dans laquelle je m'étais arrêté hier soir.


Je me dirigeais avec impatience vers elle.

Comment était-elle en plein jour, comment vivait-elle à la lumière?

Je me précipitais presque,


J'arrivais alors, au dessus de mon corps.

Je me trouvais le sourire aux lèvres, le corps encore étendu, appuyé contre ce rocher. Les yeux grands ouverts, je contemplais cette magnifique nuit, que jamais je ne pourrai quitter.

Publié dans Histoire d'y croire

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grenouille 05/08/2006 11:07

beau rêve, merci!