L'âme du guerrier

Publié le par miniklochette

L'armée ennemie se dirigeait droit vers nous. Un nuage de poussière traversait la vallée. Tout notre effectif était là ; des milliers de soldats, fantassins, archers et cavaliers étaient réunis.

Nous ne devions pas faillir, derrière nos lignes vivaient femmes et enfants.

Monté sur mon cheval, j'attendais l'ordre. Les chevaliers étaient tous prêts à charger. J'observais mes compagnons et sur leurs visages, je lisais la peur, la rage, l'envie.

Je me tenais au milieu de cette vaste marée humaine.

Tout semblait calme quand j'entendis les cris me crever les oreilles. Déjà la sueur perlait sur mon front, me piquant les yeux.

La charge ennemie était à portée des archers. Dans l'euphorie générale ou la peur incontrolable, nous nous jetions dans la bataille.

Talonnant mon cheval, un cri de rage et le glaive sortit, je combattait mon premier adversaire.

Tous deux criants, les yeux exorbités, l'un contre l'autre, les fers s'entrechoquaient durement. Je tentais d'esquiver tous ses coups, je lui assénais quelques passes, mais il ne vida pas les étriers. Les minutes passaient sans que l'un de nous n'aie le dessus sur l'autre, à bout de fatigue, le bras endolori par les coups, je lui portais un coup à la nuque qui le tua net.

Me retournant, le combat faisait rage autour de moi, je voyais mes amis tomber les uns après les autres sous les assauts des adversaires. Tandis que je restais un moment là à observer cette scène sanglante, une flèche me perça la cuisse.

Un cri de surprise, je cherchais mon ennemi des yeux. Je le trouvais à moins de 10 m de moi, l'étincelle victorieuse au fond du regard. Je talonnais mon cheval qui parti au galop malgré les corps gisant au sol. Il me restait quelques mètres à parcourir pour l'atteindre, quand mon ami chuta.

La chute fut longue et rapide, douloureuse et fracassante. Je roulais sous les flancs, je tentais de me sortir de cette situation.

Enfin je pus lacher les entraves de mes pieds et constatais qu'on avais lachement coupé la patte de mon cheval.

Quelle abomination!!!!

Il m'avait toujours suivi dans toutes les campagnes, me sauvant la vie à chaque instants. Il sentait le danger, il savait exactement quand esquiver, quand battre en retraite. C'était un cheval de guerre.

Je lui caressais les flancs comme je le regardais respirer péniblement. J'avais oublié le temps, la guerre, le sang qui me coulait le long du front, l'ennemi qui se tenait juste derrière moi, l'épée levée.

Rien ne comptait, je le regardais rendre son dernier souffle....

Je sentais la flamme vacillante de son âme prête à bondir hors de ce corps d'animal.

Il rendit son soupir, et je le fixais droit dans les yeux.


Mon ennemi se rapprochait toujours.


Il mourut en meme temps que je voulus me relever pour combattre l'âme en peine.

Impossible de lever ce corps inerte que j'étais devenu. Pourquoi pas finalement, autant partir ensemble!

Je m'attendais à la douleur, à la délivrance. Je fermais les yeux, je n'avais plus rien à perdre.


La lame tomba comme un couperet, j'en sentis l'air qu'elle déplaçait.

Mais une chose remarquable se produisit alors.

J'étais étendu sur le sol, le souffle court. Je me relevais avec agilité et rapidité.

Je fendais le crâne de mon ennemi sans cligner d'un seul instant.

J'ouvrais les yeux, et vis une image qui ne pouvait pas être plus vraie.


Mon corps était habité par l'âme de mon ami, et me voilà prisonnier de son corps mourant.

Je lui avais laissé le plus beau cadeau que l'on puisse faire à une âme guerrière, je l'avais rendu chevalier.


Il était flamboyant de bravoure, il étincellait de magie. Le champ de bataille vivait autour de lui comme jamais auparavent, ni même lorsque les meilleurs se rejoingnent dans la plaine.


Voilà un bon échange en vérité. Voilà enfin le but de ma vie......



Publié dans Histoire d'y croire

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G
Superbe récit que tu a crée, quelle grace dans tes phrases.tu es donc une vrai guerriére, oui je le suis surement, malgrés les apparences.Un fil vibant entre nous, cela est bien possible, moi j'avous en ressentir un quand je te lis.Mais ce fil ne serait il pas une corde d'elfs?
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K
je me souviens de cette hisstoire qui me fit penser que tu as vraiment du talent ... Mon avis n'a point changé depuis ... Je m'étonne que plus de monde ne vienne pas quotidiennement lire tes écrits .
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A
j'aime beaucoup ton blog
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K
d'ailleurs... si de temps à autre il te faut un petit dessin pour illustrer un texte...
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K
Houaouh bien le texte, tout ce que j'aime et desine en général
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