Le village

Publié le par miniklochette

Le chef du village, un homme de cinquante ans, était assis en tailleur au milieu de la pièce près du charbon qui brûlait dans un foyer creusé à même la terre ; il inspectait mon violon.
J'étais arrivé la veille au soir, j'avais traversé le désert de Klika dont on disait qu'il n'avait pas de fin et qui tombait à pic au bout du monde. J'observais cet homme qui fumait une pipe dont le manche était long comme le bras, et sa fumée qui s'évaporait.
J'avais marché quatre jours durant en épuisant mes rations et buvant avec soin, car je n'aurais jamais imaginé découvrir tel village au milieu des dunes.
Une illusion tout d'abord, une étendue d'eau qui s'ouvrait à perte de vue et qui regardait un petit port où quelques barques flottaient au gré de la brise salée.
Je n'en croyais pas mes yeux, je devenais fou.
J'avançais prudemment des portes qui cloturaient ce village et faites en bois creux.
Elles étaient grandes ouvertes, certainement qui ne se passait rien ici qui vaille la peine de les fermer. Pourtant, la cloture existait.

Et dès que je passais l'entrée, les lances et les flèches se matérialisèrent autour de mon cou. j'étais prisonnier.

Ils me ligotèrent et me firent entrer avec violence dans une petite cabane faite en bois. Ils me délièrent et m'enfèrmèrent là pour la nuit.
Je dus m'assoupir car une feu avait été allumé dans un trou dans le sol. Cela me procurait plus de lumière que de chaleur et je pus distinguer une paillasse jetée dans un coin. Je m'assis sur la paille sèche et contemplais ma prison. Le sol en terre battue rouge, une paillasse et des murs en bois, voilà tout se qui se trouvait sous mes yeux.
En observant attentivement à coté de moi, un texte était gravé dans le bois.

"L'Aube arrive toujours trop tard", et une signature S.P MANGUS.

Je n'en croyais pas mes yeux. Comment une telle chose était arrivée jusqu'ici. Mais je n'eus pas le temps de me poser plus de questions, la porte s'ouvrit avec fracas en me faisant sursauter.
Ils s'emparèrent de moi et de mon instrument, me portèrent tel un sac jusqu'à une maison.
Elle avait une fenêtre close et une porte qui fermait grâce à une poignée dorée, plusieurs petits anneaux en bronze couvraient le haut de la porte où des tissus de couleurs différentes étaient accrochés.
Mes geôliers décrochèrent le bleu et me l'attachèrent autour du poignet. Enfin après ce rituel, la porte s'ouvrit.
L'intérieur ne ressemblait en rien à l'extérieur, dépouillé de tout.
Semblable à la mienne, le sol était en terre battue, et malgré la faible lueur, je pus distinguer un homme assis au milieu de l'unique pièce.
On me poussa violemment et on déposa à mes pieds mon étui bleu.
Il ne dit pas un mot, moi non plus ; le silence s'étira entre nous comme si nous avions tout notre temps, et peut être était-ce le cas.
Fatigué et curieux, je m'assis face à lui. Il avait une lueur dans le regard quand ses yeux se posait sur mon instrument.
Il hocha la tête jusqu'à ce que je sorte mon violon.

Je le pris avec soin, lui présentait et il s'étira les bras pour l'attraper avec douceur. Il gratta quelques cordes ce qui provoqua des sons discordants et son éclat de rire.

Il se leva doucement et tira un papier d'un coffre qui se trouvait dans un coin. Ensuite, il se dirigea vers la porte en me faisant signe de le suivre.
Dehors, tout le monde était rassemblé. Il s'arrêta et m'indiqua un banc au milieu d'un cour.

Je m'assis, intrigué, enfin le me rendit mon violon et me tendit la liasse de papier jaunit.
Je lus quelques lignes, les yeux exorbités de surprise et d'angoisse.
Mais devant mon hésitation, il me dit calmement : "Et bien M'sieur MANGUS, si vous jouiez votre musique à présent".

Publié dans Histoire d'y croire

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Z
Il risque de jouer un peu faux , le pauvre !
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M
ah bon pourquoi??