La tour du guet

Publié le par miniklochette

Extrait de la Tour du Guet



La Tour du Guet


L'enfant né en 2 endroits, né en 2 époques, reviendra à la vie et gardera le sceau! Le secret oublié sera à nouveau transmis. De la main de l'enfant naîtra une nouvelle ère. L'enfant sera homme, devra vivre, mourir et renaître encore! La mère sera, deviendra. Le sacrifice d'une vie sera. Le sceau brisé, la malédiction oubliée, l'enfant disparaîtra.

Le jour de l'accomplissement, le feu du ciel anéantira les dernières forces.

L'enfant reviendra...


Extrait de la prophétie des Hommes fous

(chapitre 4)



Largement ouverte sur le monde, ma fenêtre donnait sur ce que j'appelais mon territoire. Il s'étendait à perte de vue et bien au-delà de la pensée. Jamais personne n'aurait pu m'arracher à ma contemplation. Je demeurais si seule, ici en haut de la tour du Guet. Ils m'avaient oubliée.  Plusieurs lunes avaient parcouru le ciel, plusieurs saisons avaient baisé le sol, plusieurs vies avaient défilé sous mon toit. Pourtant, je gardais espoir, un jour je sortirai, je m'enfuirai de cette prison si merveilleuse.

Chaque jour, on m'apportait mes repas, toujours chauds et copieux. Les meilleures boissons caressaient ma gorge que les mets les plus fins accompagnaient à souhait, me rappelant sans cesse que j'étais  prisonnière depuis La nuit où tout cela s'était produit...

Mes geôliers nous avaient surprises lors de la cérémonie de Jacine, la plus ancestrale de la société des Devineuses du saint.
La plupart d'entre nous avait échappé au massacre des Compagnons des Roy. Ils surgissaient de tous les cotés où nous regardions, la forêt était imprégnée des hommes noirs. Il nous aurait fallu l'aide des Hommes fous pour échapper à cette attaque.
Mais les Devineuses du Saint étaient vulnérables ce soir là, et l'armée en avaient profité. Le voile posé sur nos yeux nous empêchait de réunir les  signes évident de la réalité. Nous n'avions pas prévu cela...
J'espérais une délivrance rapide, comme la plupart d'entre nous. Malheureusement, les compagnons avaient d'autres projets .


Une chevauchée de 2 jours m'attendait. Ils m'avaient ligotée avec brutalité sur la selle d'où il m'était impossible de remuer. La meurtrissure du galop se répercutait tout le long de mon dos anéantissant mes dernières forces.

Nous nous arrêtions la nuit tombée, un camp de fortune était dressé à la va-vite. On me déliait à peine, les cordes qui me lacéraient les poignets laissaient mes mains tremblantes. Je dînais avec précipitation, le breuvage amer du café me brûlait la gorge, et la viande séchée m'arrachait les joues. Les Compagnons passaient leur temps à rire et boire de la bière fraîchement sortie d'un baril qui était attelé à l'animal de bât . Parfois, ils me jetaient des regards haineux quand ils pensaient que je ne les voyais pas. Le reste du temps, ils oubliaient ma présence jusqu'à l'heure du repas.

Ils bavardaient dans un dialecte qui m'était inconnu, mais je parvenais à déceler un nom que j'avais déjà prononcé : Hector

Apparemment je lui étais destinée, mais en quoi aurait-il eu besoin d'une Devineuse du Saint? Pourtant, le monde savait que je ne pouvais être liée de force à quiconque. Et il était évident que je ne le permettrais pas.

Le soir du deuxième jour, on arriva en vue de la tour du Guet que je connaissais bien pour l'avoir vu s'ériger trente cinq ans plus tôt.

A l'époque, elle appartenait à Tuchill délégué du préfet des Hommes fous. Nous étions, et nous sommes toujours, leurs alliées contre les Hommes des Roy. Ceux qui prétendaient le contraire étaient pendus haut et court au sommet de cette tour.

Elle avait été construite pour montrer l'évidence et le respect.


Mais bien des guerres de clans et de guildes étaient passées, et la tour de main en main. Depuis, elle était la propriété du plus grand chef de guilde que je connaisse : Hector. Il avait pris pouvoir à Fikzul lors de la nuit de rébellion. Il avait été aidé, mais nul ne savait ni par qui ni comment, seulement qu'il avait prononcé les voeux devant le principal de ville et été assermenté par les Compagnons.


Mon regard se posa sur les fenêtres closes. De la lumière filtrait à travers les volets de bois. Une cour avait été aménagée devant l'entrée principale de la tour et une garnison y était assignée à demeure. Des bâtiments avaient fleuri les champs alentours défigurant à jamais la vue dont je me rappelais si bien. Seule gardienne de mes souvenirs, la falaise abrupte surplombait les criques en contre-bas. L'océan venait s'écraser sur les rochers coupants et glissants d'algues offrant par là une défense idéale. Aucun pirate doté de raison n'attaquerait par cette voie infranchissable, et la vue nous permettait de voir arriver l'ennemi avant même qu'il aperçoive la tour.

Le ressac calma mes nerfs à vifs et je laissais s'évader mon esprit. Il dévala l'à-pic, plongea dans l'eau noire et trouva ce qui avait été déposé là en attendant son heure. Le coffre était resté intact. Le verrou fermé par mes soins, le sceau griffé sur l'encoche garantissant sa valeur.


Je franchis au pas les lourdes portes bardées d'acier. Les fers des chevaux claquaient sur le sol froid et j'observais les hommes qui mettaient pied à terre dans la promptitude et le silence. Soudain, les gonds de la porte crièrent et un rai de lumière apparu. Elle s'ouvrit doucement en laissant une ombre voler sur les pavés.

La course folle d'un enfant agita l'air, et son rire cracha à la figure des hommes la légèreté qu'ils n'avaient plus. Je connaissais cet enfant, je l'avais vu naître, mais pas dans cette époque. Je fus surprise de le voir en chair et en vie devant moi.

Ses cheveux roux reflétaient les lumières des torches plantées le long de l'allée. Ses yeux riaient de joie, et des larmes coulaient sur ses joues.

Il courait à ma rencontre. Les hommes lui firent passage, et il ralentit sa course en arrivant à ma hauteur.

Il plongea ses yeux noirs dans les miens, et tout fut clair et évident. Il avait franchi, je ne sais comment, les portes du temps.

Il n'avait pas souffert il était resté simplement déboussolé par ce voyage inattendu.


Mais il savait qui il attendait et maintenant nous étions réunis.

Seuls nos coeurs vibraient à l'unisson et le monde n'exista plus l'espace de ce qui me sembla quelques instants. Puis, je repris conscience.


On m'avait installée dans une pièce chauffée. J'osais à peine bouger de mon lit à baldaquin, les rideaux étaient ouverts et je pouvais apercevoir les fenêtres qui étaient habillées de lourdes tentures vertes, une table ronde en chêne était dressée au milieu de la vaste pièce, ses 4 chaises donnaient un aspect harmonieux au tapis vert brodé de rouge qui se trouvait dessous.

Un lourd miroir en bronze trônait au dessus d'une large cheminée où un feu brûlait, une tablette sur ma droite disposait de tout le nécessaire utile à ma toilette, et une armoire en chêne à triple battants était incrustée dans le mur de pierre en face de moi.

Le décor était somptueux mais le cadenas posé sur la table me rappelait aux mains de qui j'étais.

Le crépitement des flammes venait trahir le silence, et l'écho des vagues qui léchaient la roche en bas de la falaise me parvenait en murmure.

L'aube était tout proche. Je distinguais déjà le rose naissant du ciel.

Des pas résonnaient en montant sur un escalier. Je me surpris à vouloir me montrer forte et je chutai dès que j'eus posé les pieds à terre. La tête me tournait et des papillons noirs venaient danser devant mes yeux. Je dus m'agripper au rebord de mon lit pour me relever. Pendant ce temps, les pas avaient franchis le seuil de l'unique porte coincée entre la cheminée et l'armoire du mur. Une petite porte où un homme d'une stature normale devait se baisser pour passer. J'entendis le cliquetis de la serrure et le grincement des gonds, mais je ne pus me résoudre à tourner la tête pour apercevoir mon geôlier...

Publié dans Histoire d'y croire

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Commenter cet article

Arlequin 05/07/2007 10:18

C'est ton roman ??

miniklochette 05/07/2007 13:28

oui un début! tu aimes?

Eussé 03/07/2007 17:23

Salut belle brune !
J'aime bcp l'extrait... je n'ai malheureusement pas trop le temps de lire car je suis en déplacement à Dunkerque mais je vais lire tout ça à tête reposée dès que j'aurai le temps.
Content de te retrouver :o)
Eussé

miniklochette 05/07/2007 13:29

salut eussé!
c'est pas grave, prend ton temps! moi aussi, heureuse de vous retrouver! :o)

Baggins 01/07/2007 10:39

Des textes toujours captivants.Content de te relire .Il y avait longtemps bisous Miniklochette

miniklochette 05/07/2007 13:29

coucou baggins, merci pour ta lecture ;-)