Réel??
Dès que tu fermes les yeux, l'aventure du sommeil commence. Duveteux et moelleux. Pourquoi rêver ce que tu peux vivre? Tu as peur? Viens! Sors! Va à la gare, celle-là même que tu refuses d'approcher.
Quai n°4, le train t'attend. N'oublies pas de valider ton ticket. Regarde il est dans ta poche droite.
Comment y -est-il arrivé? La nuit dernière tu l'as acheté! Vite! Le train va partir.
Et c'est dans un nuage de fumée que la locomotive entame son voyage. Le sifflet du chef de gare retentit, tu t'assieds côté fenêtre, et le refrain des rails te berce.
Gare de Lyon est ton terminus. Tu descends lentement. Regarde à gauche, cet homme au par-dessus beige, je crois qu'il t'attend. Son chapeau cache son regard, pourtant il te regarde. L'odeur du tabac de sa pipe te semble familière? Le connaîs-tu? Avance, tu le découvriras.
Pendant, que tu approches, le tonnerre commence à gronder. La pluie qui était fine, devient plus forte. L'eau transperce ton manteau. Idiot! Tu es parti sans ton couvre chef. Tu enfonces tes poings dans tes poches et tu précipites ton pas.
L'homme à la pipe, relève son chapeau.
Quoi! Tu ne m'avais pas dit que tu avais un frère jumeau. Pourquoi cette cachotterie?
Tout doucement, ces traits si familiers que je te connais deviennent différents.
Reste calme. Tu dois accomplir ce que tu es venu faire. Il ne doit se douter de rien.
Une poignée de main un peu trop longue, un coup d'oeil à l'horloge. Tu as le temps, il n'est pas encore l'heure.
Vous sortez de la gare et vous dirigez le long de la rue. Un petit café est à l'angle. Il est 5 heures tout est fermé. Heureusement!
Dans la petite ruelle qui se faufile à l'arrière de la boulangerie, tu pourras accomplir ta tâche.
Maintenant! C'est le moment. Amène-le moi!
Tranquillement, vous arrivez. Tu te retournes brusquement sur l'homme à la pipe.
Tu sors l'arme que je t'ai remise hier.
Tire! N'hésite pas! Tu es là pour ça.
La pluie qui dégouline le long de ton nez, te fais sourire. Tu le regardes dans les yeux, et voyant sa surprise et sa terreur tu éclates de rire. Et dans cette hilarité le coup de feu retentit.
Maintenant que j'ai accompli mon oeuvre je te laisse!
Te voilà seul face à tes actes. Ne me prends pas pour excuse, tu en avais envie.
Réalisant ce que tu as fais, tu lâches cette arme meurtrière.
Qui est cet homme étendu mort? Qui es-tu? Pourquoi?
Autant de question qui te font oublier le temps.
Quelqu'un a entendu le coup de feu, les sirènes de la police retentissent.
Fuis! Dépêche-toi! Cache-toi!
Sur une course infernale défile ta journée.
Tu es trempé. Tu as peur, tu attends. Tu attends place Clichy que la pluie cesse de tomber. Une odeur de café s'insinue dans tes narines. Lentement tu ouvres les yeux.
La pluie n'était que sueur, tu es allongé dans ton lit.